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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 11:42

 

Déclaration de Marine Le Pen sur la crise agricole

 

Je comprends la colère des éleveurs. Depuis des années, je les rencontre le plus fréquemment possible, dans leurs exploitations et lors des événements professionnels qu’ils organisent. Depuis des années, sous la droite comme sous la gauche, leur situation qui était déjà difficile, ne cesse de s’aggraver. Leurs revenus se sont effondrés, leur endettement explose. Il est impossible d’oublier les témoignages de ceux qui vous expliquent que, interdits bancaires, ils rationnent leur alimentation, un comble pour ceux qui nous nourrissent. De ceux qui osent évoquer le suicide comme seule alternative à leur détresse. De ceux qui refusent obstinément de transmettre leur ferme à l’un de leurs enfants afin de leur épargner une vie de galérien. Tous se posent la même question : qu’avons nous fait pour mériter d’être ainsi traités? Sommes nous des criminels, des bandits ? Ils ne sont ni l’un, ni l’autre puisque les criminels et les bandits sont mieux traités qu’eux dans notre pays.

 

L’élevage, c’est près de 900 000 emplois répartis dans l’ensemble de nos territoires ruraux. Autant dire un acteur économique incontournable pour des départements qui luttent contre le vieillissement et la paupérisation. C’est aussi un patrimoine, envié, imité et célébré dans le monde entier, fruit de siècles d’excellence. C’est la garantie d’une alimentation de qualité tout autant que d’une gastronomie elle aussi mondialement réputée. Quel sorte de politique faut-il être pour sacrifier, plus ou moins cyniquement, plus ou moins sciemment, un atout aussi essentiel ?

 

Je suis certaine que le déclin accéléré des filières françaises d’élevage n’est pas une fatalité et encore moins une nécessité. Il est le résultat tristement logique de l’absence de vision et d’intérêt des gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis deux décennies à la tête de notre pays. Il peut être enrayé rapidement.

 

Ce renouveau est d’abord conditionné par des mesures de bon sens. La première consiste à mettre en place la traçabilité obligatoire de toutes les viandes, y compris quand elles sont transformées. Une mesure que Stéphane Le Foll s’était engagé à prendre après le scandale Spanghero, mais qui fut promptement enterrée sous la pression de la Commission Européenne pour qui l’information honnête du consommateur relève de l’entrave au libre-échange… La mise en place de l’étiquetage obligatoire mentionnant l’origine des viandes a besoin d’un cadre juridique fiable permettant aux collectivités de privilégier les fournisseurs français dans la restauration collective. Il s’agit, là-encore, d’une mesure largement soutenue par nos concitoyens, mais interdite par Bruxelles au nom de la libre-concurrence. Concernant la grande-distribution, le gouvernement doit cesser de lui sous-traiter avec cynisme la défense du pouvoir d’achat des Français. L’encadrement des négociations commerciales doit être d’autant plus rigoureux que trois centrales d’achats exercent désormais un quasi-monopole dans le secteur de l’alimentation. La tolérance zéro face aux pratiques abusives est indispensable car la grande distribution est à la fois le principal débouché pour la viande vendue fraîche, mais également pour les produits issus de l’industrie agro-alimentaire, qui, à son tour exerce une pression à la baisse sur les prix payés aux éleveurs et n’hésite plus à se fournir massivement auprès des producteurs étrangers.

 

Ces mesures de bon sens doivent être complétées par une remise en cause profonde des choix politiques effectués ces dernières décennies. La politique agricole de notre pays ne peut plus être sous-traitée à une Union européenne qui a transformé la PAC en un machin qui ne protège nos agriculteurs d’aucun risque, mais leur impose des normes toujours plus complexes et inapplicables. Aucune grande puissance consciente de ses intérêts ne voudrait d’une telle aberration. Confrontée à une impasse aussi dramatique, la France doit donc re-nationaliser au plus vite sa politique agricole. Elle doit également être libre de refuser l’accès à son marché aux denrées dont la production ne respecte pas les normes en vigueur sur son territoire. De la même manière, elle doit pouvoir prendre des mesures de rétorsion contre les pays qui usent massivement du dumping social pour s’emparer de nouvelles parts de marché sur son territoire. Enfin, et cela va de soi pour l’immense majorité de nos concitoyens, il faut définitivement mettre fin aux négociations des traités de libre-échange avec les Etats-Unis et le Canada. Ces derniers, négociés dans le dos des citoyens et de leurs élus, constituent en réalité une reddition sans condition aux intérêts commerciaux d’une poignée de multinationales. Au vu des normes sanitaires et des coûts de production de l’élevage américain, ces accords avaliseraient l’anéantissement des filières d’élevages françaises tout en privant nos concitoyens de l’accès à une alimentation saine.

 

Cette politique, c’est celle que j’entends mener. Elle n’est pas dictée par la défense de soi-disant intérêts corporatistes, mais par l’intérêt général. Elle rompt avec l’incompétence des gouvernements successifs et le cynisme d’une opposition UMP qui mena la même politique que le PS au pouvoir. Elle entend redonner un avenir aux éleveurs français et aux territoires ruraux car ce sont des atouts incontournables de notre pays.

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Published by Guy CANNIE

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