Région > Valenciennes et ses environs
Guy Cannie, Rassemblement Bleu Marine
Publié le 01/06/2012 à 03h03 - Mis à jour le 01/06/2012 à 06:
(« La Voix du Nord se réservera le cas échéant, en fonction de nos besoins de parution la possibilité de n'en plus publier que des extraits, en en préservant bien sur la substantifique moelle et les points forts. »)
Les 3 questions posées étaient les suivantes :
1) le poste de député pour vous, mandat local, mandat national ? Quelle priorité ?
Réponse : Le mandat de député est un mandat local et un mandat national. De fait, le parlementaire représente à la fois sa circonscription et la Nation. C’est un mandat mixte. Le député reste un élu de proximité, directement en contact avec les citoyens, les entreprises et les associations du territoire.
Le député est ainsi actif sur tous les grands dossiers de la circonscription. Il travaille, et tous les électeurs le savent, pour sa circonscription en utilisant son mandat national. C’est en quelque sorte le premier lobbyiste de la circonscription, chargé de lui ramener des subventions et des investissements. C’est un VRP politique.
De plus, il est important qu’il reste au contact du terrain car sinon, et la vie politique française en témoigne cruellement, le fossé se creuse entre le pays réel et le pays légal.
S’agissant du national proprement dit, le député n’est pas soumis à un mandat impératif, ce qui signifie qu’il vote librement à l’Assemblée Nationale. La question est importante car la discipline de vote qui règne actuellement dans tous les partis fabrique à la chaîne des députés « godillots » qui votent selon les instructions reçues. Le résultat, ce sont des centaines de députés qui votent souvent des textes qu’ils savent mauvais, qui heurtent mêmes leurs convictions.
Un député doit bien sûr exprimer les convictions de son parti mais il faut être honnête et ne pas présenter aux électeurs un programme complètement différent de ce qui sera réalisé par la suite. Certains le font de manière ostentatoire, ils se moquent des électeurs.
2) Quels sont les trois dossiers prioritaires pour vous sur la circonscription ?
Réponse :
a) Le Stade du Hainaut.
Le Stade du Hainaut est un stade multifonction de 25 172 places, contre 16 547 pour l'ancien Stade Nungesser, devenu trop petit et dont la démolition s’est achevée fin février 2012. Le nouveau stade est situé dans le quartier Nungesser, à l'est de Valenciennes et accueille le Valenciennes Football Club. La capacité du stade peut être étendue à environ 35 000 places pour les concerts et autres représentations artistiques. Plus de 70 millions d’euros d’argent public investi.
Le problème dans cette opération est le conflit d’intérêts, puisque Francis Decourrière, ancien président du Valenciennes FC (et toujours membre de son Conseil d’Administration), est le père de Valérie Létard, Présidente de la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole.
Ce conflit d’intérêts, même s’il n’a pas donné lieu, à notre connaissance, à des malversations, est révélateur de la concentration des pouvoirs dans le Valenciennois. Les mêmes familles se partagent l’ensemble des leviers de décision. Ce n’est pas sain et cela aboutira fatalement à ce que le Valenciennois suive la même voie que le Bassin Minier avec la Mafia rose, selon les termes du livre de Dalongeville.
b) L’automobile.
L’automobile est le moteur de l’emploi à Valenciennes. Or, la désindustrialisation et surtout la politique de délocalisation menacent de sinistrer notre bassin d’emploi.
On sait que PSA est en train de s’aligner sur la politique mondialiste de Renault, ce qui signifie une politique absurde : on construit de plus en plus loin pour des consommateurs qui restent avant tout français et européens. C’est en quelque sorte le règne du circuit long, absurdité économique et écologique.
Heureusement, Toyota montre un exemple plus vertueux et prouve qu’investir dans le Valenciennois est rentable. Il y a tout : le marché national et européen, les infrastructures de transports, le réseau de PME indispensables à la construction automobile, l’énergie. C’est typiquement un exemple réussi de circuit court, vertueux sur le plan économique, écologique et social.
Ce qu’il manque en fait, c’est désormais un protectionnisme intelligent au service du maintien de l’emploi et de la réindustrialisation. Le mondialisme qui règne actuellement, c’est le pendant de l’angélisme en matière de sécurité : les mêmes qui refusent de reconnaître les ravages de l’insécurité refusent de voir les ravages de la mondialisation.
Deux points du programme à ne pas oublier :
- Le fonds d’investissement de 12 milliards d’euros en faveur des PME créatrices d’emplois, fonds abondé par les entreprises du CAC 40, sans que ce soit un impôt mais plutôt un investissement obligatoire (semblable au business angel chez les anglo-saxons mais obligatoire).
- La contribution de 3 % sur les produits importés pour augmenter les revenus des salaires inférieurs à 1 500 euros.
c) Contournement Nord
Ce contournement va coûter 115 millions d’euros pour seulement 5 km. Les écologistes (Janine Petit notamment) ont d’ailleurs prévu de combattre ce projet. Il convient de vérifier si le coût de ces travaux n’est pas suspect.
3) Le Valenciennois a des projets d’envergure qui le tirent ? Comment éviter la fracture avec la partie de la population la plus en difficulté ?
Réponse : Nous pensons au transfert d’Auchan de Valenciennes à Marly, avec pour corollaire un agrandissement de cet hypermarché. La chambre du commerce et de l'industrie Grand Hainaut a déjà précisé que ce « mastodonte commercial », selon ses termes, va fortement affaiblir les commerces du Centre-ville. Elle remarque également que le format hypermarché est surreprésenté dans le Valenciennois
De fait, c’est toute la revitalisation du centre-ville de Valenciennes qui est remise en cause.
Là encore, c’est aussi révélateur du favoritisme qui règne en matière commerciale : on privilégie les puissants contre les petits. Nous serons vigilants sur ce dossier, car il y a anguille sous roche : il est rare qu’un projet de cette ampleur se fasse sans un avis favorable de la Chambre de Commerce et d’Industrie.


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